Montpezat le 6 février 2018
Association Bien Commun – info
Les vignes de Goudarèches - 07 560 – MONTPEZAT
A
Monsieur le président
Mesdames et messieurs les conseiller-e- s communautaires
Communauté de communes « Ardèche des Sources et des volcans »
Château de Blou - 07 330 - THUEYTS
Nous avons lu avec intérêt dans le bulletin de la communauté de communes le dossier concernant l’actuelle élaboration du PLUI et nous ne manquerons pas de faire nos observations lors des futures enquêtes publiques.
Cependant nous voudrions vous faire part dès maintenant de notre inquiétude concernant le zonage en préparation dans notre commune. Il semble que le conseil municipal désire voir inscrire dans le PLUI une extension des zones constructibles dans la plaine de Champagne sur des parcelles situées actuellement en zone agricole pour qu’une éventuelle nouvelle population arrivant à Montpezat y trouve des terrains libres à la construction.
Nous pensons que cette proposition va à l’encontre de l’intérêt de notre commune et ce pour plusieurs raisons :
Le potentiel agricole de la zone concernée : accessibilité depuis la D536, relief plat, richesse des sols, présence de châtaigneraie en bon état – en fait une zone à réelle vocation agricole. La préserver permettra d’envisager à terme des installations correspondant à l’évolution future de l’agriculture (Développement de la filière Châtaignes et des circuits courts), y construire des maisons au contraire donnerait un caractère irréversible à la vocation de ces terrains
L’intérêt paysager de la zone : avec ces espaces ouverts constituant autant de cônes de vision sur le volcan de la Gravenne et sur la vallée de la Fonteaulière et ses châtaigneraies représentatives du paysage ardéchois ;
Enfin si l’arrivée de nouveaux habitants dans cette partie de la commune entraînerait quelques dotations supplémentaires, elle risque de peu concerner Montpezat. La zone étant située en bas du village, entre Montpezat et Lalevade, ces nouveaux habitants seront plutôt tournés vers « le bas », que ce soit pour la consommation courante, la culture ou les services.
Cette proposition de l’actuelle municipalité s’inscrit en opposition aux politiques actuelles.
Elle va à l’encontre :
De la loi ALUR qui préconise que les règles d’urbanisme soient revues pour favoriser la construction, tout en protégeant mieux les terres naturelles et agricoles, grâce à des mesures qui favorisent la densification.
De la volonté de la communauté de communes pour laquelle « le foncier reste l’enjeu majeur en évitant d’impacter durablement l’accès aux surfaces porteuses de développement »
Vous citez dans le troisième numéro de votre brochure La Coulée que « l’ossature agricole du territoire est constituée par les trois principaux axes RN102, D5 et D536 qui concentrent les principaux enjeux agricoles. » et « qu’Il faut donc préserver sa cohérence et sa continuité. ». La plaine de Champagne, située sur la D536 vient rejoindre la zone irrigable du Plot de Meyras, elle constitue un ensemble avec un fort potentiel agricole qu’il faut préserver à tout prix pour ne pas compromettre l’avenir.
Et même du programme présenté à l’occasion de la campagne électorale de 2014 par l’équipe municipale en place aujourd’hui à Montpezat, qui proposait de réaliser une « révision du PLU pour ouvrir à la construction de nouvelles zones, proches du centre bourg et des hameaux, tout en préservant les terres agricoles et les zones naturelles ».
Nous pensons nous aussi qu’il faut permettre l’arrivée de nouveaux habitants à Montpezat. Des alternatives au projet proposé existent cependant, qui répondraient aux critères de densification, de préservation du potentiel agricole et d’inclusion dans le périmètre d’attraction du bourg. Il s’agit soit de zones déjà constructibles où des projets d’habitat avaient été envisagés par la précédente équipe municipale puis stoppés net en 2014 pour des raisons qui resteraient à élucider, soit de zones proches du village, actuellement classées agricoles mais dont le potentiel est plus faible.
Nous espérons donc que la communauté de communes ne retiendra pas cette proposition et poursuivra les principes énoncés dans les textes présentant l’élaboration de notre document d’urbanisme.
Pour le bureau de l’association
Claire AUDIBERT, secrétaire